Il y a des jours où il faudrait rester coucher et des nuits où le sommeil ne résoud rien. Je connais les symptômes depuis un moment. Une barre dans le front, l'envie de d'envoyer chier ceux qui osent s'approcher et le goût de m'exiler, loin de tout ceux qui ont la faculté de m'adresser la parole.
Les malheureux qui croisent mon regard pendant ce temps se sont mis d'accord sur un terme. Parce qu'il faut nécessairement une explication. Je suis "obscur". Une facette sombre, qui contraste tellement à ce que je vous montre d'ordinaire. Le gentil et communicatif mickael n'est plus fréquentable, il se transforme et vous démontre alors à quel point il peut être asocial.
Parce que cela vous étonne ? Comment, d'après vous, suis je capable de tout quitter pour m'exiler trois ans dans le trou du cul du Québec ? Pourquoi suis je le seul en Baie-James à ne pas retourner en ville régulièrement ? Peut-être parce que je ne suis tout simplement pas capable de supporter à temps plein tout votre bruit, votre présence et vos remarques.
Je fais des efforts et je me suis amélioré, convenez en. J'ai aussi rencontré des gens qui m'ont donné le goût de persevérer et de dialoguer. Je ne demande pas grand chose finalement, je ne demande pas que vous m'aimiez ou me compreniez, juste un sourire et pas de prises de têtes.
Je me demande si j'ai fait les bons choix. Ne pas aimer les prises de têtes et tenter de défendre la cause du loup et de la biodiversité, cela semble contradictoire. Je suis dans un univers de débats et de conflits serrés. je navigue entre des vagues teintées d'émotions et de rancoeur, mais je n'ai qu'un bateau gonflable. Reste à savoir qui enfoncera le clou...
Je dérive et divague. C'est de bon ton. Tiens, hier j'ai reçu un mail où un preneur de tête me prend pour un con et se croit capable d'analyser ce que je vis, rien qu'en analysant mon dernier article. J'ai droit à une leçon de vie alors que je ne souhaitais que présenter un monsieur qui en valait la peine. Manges la merde, preneur de tête, j'ai pas le goût de jouer à ton jeu. J'ai pas l'humeur de rentrer dans un débat sans intérêt juste parce que tu t'inventes des trucs et que tu te prends pour un sage.
Je divague et me prépare à boire la tasse. C'est de bon goût. Tiens, ce matin, en pleine obscurantisme, je parcours les statistiques de peupleloup. Les articles qui sortent du lot ? les goodies (calendriers, fonds d'écran) attirent du click. Le coup de gueule contre Paypal tient la barre. Les vadrouilles ? personne ou presque ne les lit. Bof, rien de méchant, c'est sur le long terme que ces articles auront leur sens bien sur. C'est juste mon coté obscur qui me fait voir les choses un peu en noir.
Et pendant ce temps, ca #buzz sur twitter. Le monde continue de tourner, c'est bon signe. A mesure que j'essaie de trouver un peu d'intérêt à ma time-line, ma satanée barre au front se fait plus pressante. J'unfollow quelques linkeurs fous qui restaient mais ca ne me soulage pas. Ah, si un tweet retient mon attention et m'arrache un sourire.
Le saviez-vous? Vous dépensez 150 calories par heure en vous cognant la tête sur un mur! Un nouveau régime en perspective...
Ca pourrait être une idée effectivement, mais je n'ai pas de kilos à perdre et j'ai déja un beau mal au crâne. Non, la seule solution qui fonctionne dans ces cas là, je la connais, c'est l'exil. La cause principale de mon mal, je la connais aussi. Je suis trop gentil, je me suis fait encore enchainer et bloquer ici dans ce bureau. Je suis pas capable de laisser un gars tout seul s'occuper de tous ces chasseurs de dernière minutes, à l'affût des derniers jours de chasse facile. Alors je reste et aide de mon mieux, mais ca va à l'encontre de mes priorités et ca m'oblige à socialiser avec des gens avec qui j'ai aucun point commun...
Je suis tanné, comme on dit ici. Je n'ai même pas le goût de trifouiller dans les dépôts magiques de frugalware (qui a géré comme un chef la mise à jour majeure de Xorg en passant). Oh, vous en faîtes pas, (pour les rares qui s'en font), cela finit toujours par passer ces périodes un peu sombres. Ca ira mieux lorsque je vous reviendrais. Dans quelques jours ou quelques semaines.
D'ici là, je vais fermer les ports. Je vais suivre l'exemple de Monsieur Neacappo et me concentrer sur l'essentiel.